Mercredi 28 janvier 2026
Concerts & dépendances
Triomphe parisien pour Eugène Onéguine
mardi 27 janvier 2026 à 19h26
Exit la production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski de Willy Decker qui, de 1995 à 2017, a fait de l’usage à l’Opéra Bastille – avec l’interlude de celle réalisée par Dmitri Tcherniakov à Garnier en 2008. C’est au cinéaste et acteur britannique Ralph Fiennes que l’on a fait appel sur le conseil du chef d’orchestre Semyon Bychkov pour les remplacer. Ce dernier, futur directeur musical maison à partir de la saison 2028/29, qui connait en outre l’ouvrage depuis une trentaine d’années – il avait assuré une première parisienne de l’opéra au Théâtre du Châtelet en 1992 – dirigeait ce soir-là cette nouvelle production à guichets fermés.
Ralph Fiennes a opté pour une présentation traditionnelle de l’œuvre avec juste la modernité que lui offre la scénographie cinématographique de Michael Levine, sans grande originalité. Ce sont les superbes costumes d’Annemarie Woods, les chorégraphies originales et parfaitement réglées de Sophie Laplane et les éclairages d’Alessandro Carletti qui donnent à cette production un éclat indéniable. Seule la direction d’acteur déçoit, laissant les chanteurs évoluer dans un statisme plutôt plat. Sans être exceptionnelle, la distribution a le mérité d’être homogène. L’Onéguine de Boris Pinkhasovich assure sans charme vocal, ni charisme physique. De même la Tatiana de Ruzan Mantashyan qui ne fait pas évoluer son personnage en Princesse aux derniers actes. Excellente et espiègle Olga, Marvic Monreal tire son épingle du jeu. Mais c’est le ténor ukrainien Bogdan Volkov qui domine avec un Lenski tout en finesse et beauté vocale, un luxe auquel participent deux ainées, Elena Zaremba la nourrice Filipevna et Susan Graham, Madame Larina, toutes deux plus à l’aise scéniquement. Peu d’éclat pour le Prince Grémine de Alexander Tsymbalyuk et exotisme assuré pour le Triquet de Peter Bronder, rôle pour lequel n’importe quel ténor français aurait pu facilement briller d’avantage. La direction de Semyon Bychkov alterne des moments tonitruants et une volonté de disséquer les couches du tissu orchestral. Le Chœur préparé par Ching-Lien Wu s’est révélé excellent d’un bout à l’autre pour une soirée triomphalement acclamée pour cette première.
Olivier Brunel 

• Palais Garnier, Paris, 26 janvier 2026, 19h30 

• Prochaines représentations les 6, 9, 12, 18, 21, 24 et 27/02, 19h30 et les 1er et 15/02, 14h30

• Photo : Bogdan Volkov (copyright Guergana Damianova/OnP)
 

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