Dimanche 22 mars 2026
Concerts & dépendances
L'art du toucher d'Iralkly Avaliani
mercredi 11 mars 2026 à 21h29
Iralkly Avaliani était lundi 9 mars 2026 à la salle Cortot, pour un récital nommé « L’art du toucher ». L’intitulé ne surprendra pas tous ceux qui connaissent un peu ce pianiste, issu d’une vieille famille géorgienne et né en 1950 à Tbilissi. Son parcours a quelques points communs avec celui d’une autre native des pays satellites de l’union soviétique, Muza Rubackyte. Elle, la Lituanienne, et lui le Géorgien ont été des jeunes musiciens brillants formés à Moscou, puis des artistes sillonnant l’URSS pour des concerts très encadrés. Avaliani dira après coup : « On devait sans cesse se surveiller, on craignait d’être espionnés, ou dénoncés ». En 1989, Irakly peut venir en France, dont il obtient la nationalité en 1992. Sa formation, d’abord classique, a subi un changement profond lorsqu’il est retourné pour 5 ans en Géorgie dans les années 1970 pour suivre l’enseignement d’Ethery Djakeli. Il dira qu’elle a : « entièrement reconstruit sa technique pianistique ». En France, Irakly Avaliani a mené une carrière jalonnée de nombreux enregistrements, une quinzaine environ, au travers d’un répertoire très large, avec quelques amours essentiels comme Brahms, Schumann, Bach, Chopin ou Schubert. Il est soutenu par un mécénat du groupe Balas, qui édite ses disques (*). Les concerts sont plus parcimonieux, tout en rythmant la vie de ce musicien qui a ses fans et ses fidèles. Le programme débutait par les Variations opus 27 d’Anton Webern, jouées avec clarté et une belle rigueur. Ensuite un Brahms lyrique et profond, dans les 4 ballades de l’opus 10. Après l’entracte, Chopin, via la Polonaise Fantaisie opus 61, 5 nocturnes, et la Polonaise opus 53. Le toucher tout en douceur et en délicatesse laissait la salle en écoute silencieuse et admirative. Par moments, les efforts et la fatigue du musicien se ressentaient, mais la rigueur, la concentration et la passion ont été dominantes jusqu’au bout. En témoignent les deux bis, la fougueuse Polonaise « militaire » opus 40 et un impromptu de Schubert, tout de délicatesse et d’intériorité.
Denis Mechali
©  Photo : Konstantin Leiffer
 
(*) dernier enregistrement : Schubert, Sonate n° 17 en ré majeur D. 850 (Dom-Forlane EAN-13, 2023)
 

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