Samedi 12 septembre 2026
L’amour est un sport comme un autre
La version par Pergolèse de L’Olimpiade de Métastase sous la baguette d’un spécialiste du répertoire italien du XVIIIe siècle

En 1734, le changement de régime à Naples - fin de l’appartenance à l’Autriche des Habsbourg et avènement des Bourbons - a pour conséquence l’exil à Rome de plusieurs aristocrates partisans de l’ordre ancien. L’un d’eux y fait venir Pergolèse, et c’est ainsi que ce dernier reçoit d’un théâtre romain la commande d’un opéra sera : L’Olimpiade, sur un excellent livret de Métastase destiné en 1723 au compositeur viennois d’adoption, Antonio Caldara. Pergolèse, le troisième à mettre ce livret en musique, sera suivi par une cinquantaine de compositeurs. Son ouvrage – trois actes réunissant sept personnages – est créé le 8 janvier 1735. La main de la princesse Aristea a été promise par son père le roi au vainqueur des Jeux olympiques. Le prince Licida, oublieux d’un ancien amour, aspire à cette main. Inexpérimenté, il demande à son ami Mégacle de concourir sous son nom. Mégacle est vainqueur ; or, lui et Aristea s’aiment depuis longtemps. On n’a là que l’élément moteur d’une intrigue compliquée, avec condamnation à l’exil une fois la supercherie découverte ou encore complot contre le roi. Nombreuses péripéties, rendues par une succession de récitatifs et d’airs d’une grande variété, héroïques et virtuoses seulement quand il le faut. Le début de l’acte II est d’un dramatisme efficace, et pour conclure l’acte I, Aristea et Mégacle, confrontés à une situation inextricable – il n’avoue pas qu’il a concouru pour un autre et elle ne comprend pas sa froideur – chantent passionnément en duo. A la fin de cet opéra, fort beau et remarquablement interprété sous la direction de Guilio Brandi – de Pergolèse, le chef a déjà ressuscité la première des deux messes, celle en ré (voir ici) – triomphent la loyauté, le pardon et l’amour.
                                                                                                           Marc Vignal

Pergolèse : L'Olimpiade (1735)
Anicio Zorzi Giustiniani (ténor), Carlotta Colombo (soprano), Silvia Frigato (soprano), Josè Maria Lo Monaco (mezzo-soprano), Theodora Raftis (soprano), Matteo Straffi (ténor), Francesca Ascioti (contralto)
Orchestra Ghislieri
Direction musicale : Giulio Prandi
2CD Arcana A 598 (distr. Outhere)
2 h 23 min

mis en ligne le samedi 12 septembre 2026

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