Mercredi 22 novembre 2017
Réduction ou expansion ?
De Debussy à Jeff Buckley, le tourbillon des adaptations de Soledad
 
Le même, pas pareil
Ravel en VO
Samson François et Cluytens, en 1960
Logical

Bach, les « Quatre saisons » de Vivaldi, Le chant de la Terre de Mahler ou la Vocalise de Rachmaninov : on aura essayé de tout caser dans l’estomac pourtant modeste du « piano du pauvre » qu’est l’accordéon… Pourtant, surprise totale avec les trois compères de Soledad : Manu Comté (accordéon et bandonéon), Jean-Frédéric Molard (violon) et Alexander Gurning (piano). Passées de sympathiques mais attendues versions de La Cumparsita ou de Silfo y Ondina et Marejadilla de Piazzolla, jetez-vous sur ce surprenant tour de force qu’est leur adaptation de l’Adagio central du Concerto pour piano en sol majeur de Ravel. Il y a de la magie dans cet instant de grâce mozartienne totalement préservé par cet arrangement qui est tout sauf une simple réduction, mais bel et bien une réécriture ingénieuse pour trois interprètes dont le talent fou frise le génie de l’original – dans cette manière qu’a la mélodie du piano solo de glisser insidieusement d’un instrument à l’autre, du bandonéon au violon puis au piano. Certes, les deux mouvements médians du concerto sont plus tapageurs, mais on aurait aimé découvrir ce qu’en aurait fait Soledad… On en oublierait presque leur version si spirituelle de deux fragments du ballet Cendrillon de Prokofiev, comme l’inspirée Des pas sur la neige de Debussy.
Franck Mallet

œuvres de Hodgson, Gurning, Ravel, Prokofiev, Piazzolla, Franck, Buckley, Comté et Debussy
Soledad
1 CD Warner Classics 5054197598951
57 min

mis en ligne le vendredi 13 octobre 2017

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