Mercredi 22 novembre 2017
A nul autre pareil
Krystian Zimerman, le retour, et avec le plus grand Schubert
Sonates pour piano D. 959 et D. 960

Incroyable mais vrai : pour son soixantième anniversaire et un quart de siècle après son dernier album solo, Krystian Zimerman revient au disque. Au programme, rien moins que les deux dernières Sonates de Schubert. Cela ne s’est pas passé dans le studio que Deutsche Grammophon a aménagé à son domicile dans l’espoir d’une inspiration subite, mais au Kashiwazaki City Performing Arts Centre (Japon) en janvier 2016, sur le « clavier  Schubert » qu’il a lui-même confectionné, adapté à un Steinway local. « Oublions les anciennes histoires d’une musique composée par un homme conscient qu'il allait mourir. Schubert était malade, oui, mais il était encore en très bonne forme et pourvu d'un merveilleux sens de l'humour », déclare-t-il. C’est bien ainsi qu’il aborde ces deux monuments : plus d’errance fatale ni de silences abyssaux, mais une lutte permanente, un match avec le temps (essentiel chez Schubert), option particulièrement sensible dans les mouvements lents, où nombre de pianistes se retrouvent au bord de l’asthénie. A génie d’interprète égal, son jeu constitue l’antithèse de celui Sviatoslav Richter, souvent imité mais jamais égalé dans l’exploration des frontières extrêmes. Les anti-Zimerman (il y en a) pointeront une fois de plus les libertés que celui-ci prend avec la lettre pour mieux retrouver le fond. N’empêche que son interprétation fera date, parce qu’elle est à nulle autre pareille et nous conduit sur des rivages insoupçonnés.
François Lafon

Sonates pour piano n° 20 D. 959 et n° 21 D. 960
Krystian Zimerman (piano)
1 CD Deutsche Grammophon 4797588
1 h 21 min

mis en ligne le lundi 11 septembre 2017

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