Mercredi 28 juin 2017
Pas si inéluctable
Deux jeunes interprètes se mesurent au Voyage d’hiver de Schubert
Winterreise

Débuter une collection Lundis de l’Athénée – revival des emblématiques saisons de récitals (1977-1989) organisées par Pierre Bergé – avec Le Voyage d’hiver interprété live par de jeunes artistes : une gageure qui n’a pas fait peur au pianiste Alphonse Cemin, animateur de la série et en l’occurrence partenaire de Nahuel Di Pierro, rencontré lorsqu’ils étaient tous deux élèves de l’Atelier d’art lyrique de l’Opéra de Paris. Le résultat est d’autant plus déroutant que le chanteur est une basse, timbre évoquant plutôt la maturité. C’est pourtant là que réside l’originalité de l’entreprise. Dans le texte de pochette, Nahuel Di Pierro explique que « la mort, c’est aussi devenir un souvenir dans l’esprit des personnes qui ne vous voient plus » et évoque son départ de Buenos Aires, il y a huit ans, pour la lointaine Europe. Et en effet sa traversée du désespoir schubertien est grave (comme sa voix, beau timbre profond) mais moins tragique, moins inéluctable que celle d’interprètes plus âgés (Hans Hotter, Kurt Moll pour rester dans la même tessiture). De même Cemin, accompagnateur-poète – un des meilleurs de la jeune génération – se fait ici plus objectif que d’habitude, comme s’il voulait lui aussi échapper à la noirceur attendue. Leur duo fonctionne en tout cas à la perfection, la diction précise du chanteur se retrouvant dans le trait alla Hokusai du pianiste.  
François Lafon

Winterreise
Nahuel Di Pierro (basse), Alphonse Cemin (piano)
1 CD B-Records "Athénée live" LBM 008
1 h 06 min

mis en ligne le mercredi 28 juin 2017

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